La suite. Si le vol. 1 parlait d’objectifs et de statut, celui-ci entre dans le capteur. Mégapixels, taille de capteur, smartphone… Là où chaque chiffre devient un argument et chaque spec une conviction.
Lire aussi :
5 idées reçues sur le matériel photo, vol. 1 : l’objectif →
5 idées reçues de photographes, vol. 1 : la tribu →
5 idées reçues de photographes, vol. 2 : la technique →
5 idées reçues de clients, vol. 1 →
5 idées reçues de clients, vol. 2 →
Plus de mégapixels, meilleures photos
La course aux mégapixels est une constante du marketing photo. 24, 45, 61, 100 mégapixels. Chaque génération promet une révolution.
En pratique : un fichier de 100 mégapixels pèse lourd, nécessite un stockage conséquent, une optique irréprochable et un trépied solide pour exprimer son potentiel. Livré en JPEG pour un usage web ou LinkedIn, il pèse exactement autant qu’un fichier de 24 mégapixels.
Les mégapixels comptent pour le tirage grand format et le recadrage agressif. Pas pour le reste.
Le smartphone suffit
« Le meilleur appareil c’est celui qu’on a sur soi. » La formule est jolie. Elle est aussi le meilleur argument commercial de l’industrie du smartphone depuis dix ans.
Le smartphone fait des photos remarquables dans de bonnes conditions. Il simule la profondeur de champ, compense le manque de lumière par du traitement algorithmique, et produit des images flatteuses pour les réseaux sociaux.
Il ne remplace pas la maîtrise de la lumière, la direction artistique, un objectif à ouverture réelle, ni un photographe qui sait ce qu’il fait. Le meilleur appareil, c’est celui entre les mains de quelqu’un qui sait s’en servir.
Full frame obligatoire, l’APS-C c’est pour les amateurs
Le capteur plein format a des avantages réels en basse lumière et en profondeur de champ. Ce sont des avantages mesurables, documentés, pertinents dans certains contextes.
Fujifilm a construit une gamme professionnelle entière en APS-C. Des photographes de presse, de portrait et de mode l’utilisent quotidiennement. Les fichiers sont publiables, imprimables, vendables.
La taille du capteur est un paramètre parmi d’autres. Pas un certificat de sérieux.
Le boîtier fait la photo
Corollaire naturel de tout ce qui précède. Le bon boîtier, la bonne focale, le bon capteur, et les photos seront bonnes.
Donnez le meilleur boîtier du monde à quelqu’un qui ne sait pas lire la lumière, qui ne dirige pas son sujet, qui ne cadre pas. Les photos seront mauvaises. Donnez un boîtier d’entrée de gamme à quelqu’un qui maîtrise ces trois points. Les photos seront bonnes.
Le boîtier exécute. Le photographe décide.
L’APS-C crop factor, comme si c’était un défaut
« Oui mais avec le crop factor ton 50mm fait 75mm. » Dit sur le ton de celui qui annonce une mauvaise nouvelle.
Le crop factor modifie le cadrage, pas les qualités optiques de l’objectif. Un 50mm sur APS-C cadre plus serré. Il garde sa perspective, son rendu, sa qualité de construction. En portrait, un cadrage plus serré est souvent bienvenu.
Quand on a trop de mégapixels, ça permet de recadrer son sujet. Ça n’augmente jamais la focale.
Emmanuel Steinitz est photographe professionnel aux Lilas (93), intervenant à Paris et en Île-de-France. Portraits corporate, trombinoscopes, photos immobilières et communication visuelle, avec une direction artistique incluse et un studio mobile qui se déplace en locaux client.
Vous cherchez un photographe qui choisit son matériel pour ce qu’il produit, pas pour ce que dit la fiche technique ? Parlons de votre projet →

