Membre FFPMI Emmanuel Steinitz - Qualité Artisan d'Art Membre Les Pros Des Lilas
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5 idées reçues de photographes – vol. 2

Vingt ans de métier. La suite du florilège des idées reçues. Si le vol. 1 parlait de la tribu, celui-ci entre dans le sanctuaire : la technique. Là où chaque réglage devient une conviction, chaque paramètre une identité.

Lire aussi : 5 idées reçues de photographes, vol. 1 : la tribu →

Tout manuel, toujours

Le mode A, c’est pour les débutants. Le mode P, ne pas en parler. Un vrai photographe règle tout à la main, tout le temps, quelles que soient les conditions.
Résultat : trois secondes de retard sur chaque prise, une belle exposition sur la photo d’après, et le moment raté entre les deux.
Les modes semi-automatiques existent pour une raison. Les pros les utilisent. En silence.

Le débat JPEG/RAW

Mentionnez le JPEG dans un groupe de photographes. Observez.
Soudain tout le monde est ingénieur en compression de données, théorie de l’information et traitement du signal. Le JPEG détruit l’image, écrase les nuances, trahit la lumière. Le RAW seul est digne.
Le JPEG livré par un laboratoire professionnel en 1998 était parfaitement publiable. Le JPEG sorti d’un Sony A7 en 2026 l’est encore davantage. Le débat est ailleurs.

Le +1.33

La valeur d’exposition. Le sujet de conversation le plus long de l’histoire de la photographie de groupe.

« Moi je shoote toujours à +1.33. » La règle existe, et elle est fondée : en mesure incidente sur le point le plus lumineux, exposer vers les hautes lumières permet de récupérer davantage en post-production. En studio, pour du tirage grand format, ça se défend.

Mais en mesure réfléchie, en lumière naturelle variable, pour une livraison web ou corporate ? Les capteurs modernes ont une plage dynamique qui absorbe largement les écarts. Le +1.33 systématique, hors contexte, c’est de la technique apprise à moitié.

La cellule comme marqueur identitaire

Le posemètre incident, sorti cérémonieusement avant chaque prise. Glissé dans la poche avec componction après.
Outil formidable, au demeurant. Indispensable en studio, utile en lumière artificielle complexe. Moins utile en pleine rue sous un soleil plat, mais l’important c’est qu’on le voie.
Mesurer, c’est bien. Savoir pourquoi on mesure, c’est mieux.

Et on n’oublie pas la règle sunny 16 qui peut aussi sortir de bien des situations

L’équivalence focale

« En équivalent 24×36, ton 35mm sur APS-C fait 52mm. »
Techniquement inexact. Pratiquement incomplet. L’équivalence porte sur la longueur focale et le cadrage du sujet. Elle ne porte pas sur la profondeur de champ, la perspective, le rendu optique ou l’avant et l’arrière-plan.
Un 35mm sur APS-C cadre le sujet comme un 52mm. Il ne se comporte pas comme un 52mm. La nuance est importante. Elle est rarement mentionnée.


Emmanuel Steinitz est photographe professionnel aux Lilas (93), intervenant à Paris et en Île-de-France. Portraits corporate, trombinoscopes, photos immobilières et communication visuelle, avec une direction artistique incluse et un studio mobile qui se déplace en locaux client.

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